Les Femmes

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    Les Femmes au Soudan

    Introduction

    ​Le Soudan s'appuie sur un héritage culturel et des principes fondés sur des valeurs qui mettent l'accent sur l'équité entre les sexes et la justice. Le pays honore les femmes et croit en l'importance de leur rôle en tant que pilier fondamental de la renaissance et de la construction de la société. Les femmes soudanaises ont précédé leurs homologues des pays voisins en obtenant le droit de vote en 1954 et le droit d'éligibilité en 1964.

    ​Participation Politique et Représentation

    ​La première femme a fait son entrée au Parlement soudanais en 1964. Dans le parlement actuel (2010), le pourcentage de femmes représente plus de 25 %. Ce bond remarquable a été réalisé conformément à la loi électorale, marquant une avancée majeure pour les femmes soudanaises grâce à l'instauration d'un quota de 25 % pour la représentation féminine au Parlement et dans les conseils législatifs.

    ​La Constitution intérimaire du Soudan a également accordé aux femmes le droit de :

    • ​Participer à la formation et à l'adhésion aux partis politiques.
    • ​Rejoindre des syndicats.
    • ​S'engager dans des associations professionnelles et sectorielles.

    ​Cette inclusion a poussé tous les partis politiques soudanais à intégrer des dirigeantes actives au sein de leurs bureaux exécutifs, permettant ainsi aux femmes de participer à de nombreuses décisions politiques majeures.

    ​Droits Constitutionnels et Égalité

    ​Par ailleurs, la Constitution de transition a garanti les fondements d'une justice sociale, économique et politique entre tous les groupes et régions, ainsi qu'entre les hommes et les femmes, favorisant ainsi une nation sûre et stable. Elle a également réaffirmé :

    • ​Le droit à un salaire égal pour un travail égal (en vigueur depuis les années 1970).
    • ​L'égalité de l'âge de la retraite entre les hommes et les femmes.
    • ​Le droit de transmettre la nationalité soudanaise à leurs enfants nés d'un conjoint étranger (établi par la Constitution de 1998).

    ​Présence dans les Institutions de l'État

    ​Le Soudan figure parmi les premières nations arabes et africaines à avoir nommé des femmes dans la magistrature, le nombre de femmes juges atteignant aujourd'hui 80. Les femmes occupent également des postes de haut niveau dans la fonction publique et le corps diplomatique. Elles ont atteint les grades de :

    • Général de division dans l'armée et les forces de sécurité.
    • Lieutenant-général au sein de la police.

    L'Expérience Politique des Femmes

    ​Les femmes participent de manière significative à la vie politique publique et aux postes de décision, s'appuyant sur les droits civils et politiques garantis par la Constitution. Elles ont également été actives au sein de divers parlements et organes législatifs au Soudan, de 1956 à nos jours.

    ​De plus, des femmes ont assumé des rôles de direction au sein du Conseil :

    • Lors de la Troisième Assemblée Constituante (1986) : une femme a occupé le poste de présidente de la commission de l'éducation.
    • Au Conseil National de Transition (1994) : une femme a présidé la commission des affaires sociales.
    • À l'Assemblée Nationale (1994) : des femmes ont occupé les postes de présidente de la commission de l'industrie, de « Chief Whip » (responsable des délibérations) et de présidente de la commission du développement communautaire.
    • À l'Assemblée Nationale (2001) : des femmes ont exercé les fonctions de présidente de la commission de la paix et de présidente de la commission du développement communautaire.

    ​Participation au Pouvoir Exécutif et Judiciaire

    ​Les femmes ont également participé à la branche exécutive :

    • Syndicats : Elles ont siégé au sein de comités centraux et de bureaux exécutifs tout au long de 13 sessions.
    • Système Judiciaire : Les femmes ont accédé aux postes de juges et de juges à la Cour suprême ; 7 femmes siègent actuellement à la Cour suprême.

    ​En outre, des femmes ont occupé des fonctions telles que chef d'un organe judiciaire, procureur général et consultante au bureau du procureur général.

    ​Diplomatie et Forces de l'Ordre

    ​Dans le corps diplomatique, on compte actuellement deux ambassadrices et 17 diplomates, tandis que dans la police, 927 femmes officiers sont actuellement en service.

    Pionnières du Soudan : Dates Clés et Figures Historiques

    ​Éducation et Associations

    • 1907 : Début de l'histoire de l'éducation des femmes.
    • 1930 : Première promotion de femmes étudiantes à l'université.
    • 1943 : Création de la première association de femmes.
    • 1947 : Premier club féminin ; la Ligue des Jeunes Filles Intellectuelles.
    • 1952 : Premier syndicat de femmes : l'Union des Femmes Soudanaises.

    ​Santé, Médias et Culture

    • 1942 : Première chanteuse soudanaise avec son propre groupe et ses disques : Aisha Al-Falatiya.
    • 1953 : Premières femmes médecins au Soudan : Dr Khalda Zahir et Dr Arwa.
    • 1955 : Premier journal féminin : Sawt al-Mara (Journal des Droits des Femmes).
    • 1956 : Première présentatrice radio soudanaise.

    ​Droits Politiques et Gouvernance

    • 1953 : Les femmes obtiennent le droit de vote.
    • 1953 : Première femme membre d'un comité de rédaction de la Constitution : Thoraya Al-Dardiri.
    • 1964 : Les femmes obtiennent le droit de se présenter à toutes les instances politiques.
    • 1965 : Première femme membre du Parlement : Mme Fatima Ahmed Ibrahim.
    • 1971 : Première femme ministre sans portefeuille : Mme Nafisa Ahmed Al-Amin.
    • 1973 : Première femme ministre avec portefeuille (Ministère des Affaires Sociales) : Dr Fatima Abdel Mahmoud.
    • 1976 : Première femme juge en Afrique et première femme juge à la Cour suprême : Maulana Ihsan Mohamed Fakhri.
    • 1991 : Première femme gouverneur d'État : Mme Agnes Lukudu.

    Statistiques sur la représentation des femmes au Soudan

    1. Pouvoir législatif : dans le Parlement actuel : 78 femmes députées (représentant 25 %).
    2. Pouvoir exécutif : ministres du gouvernement actuel : 5 (Aide sociale, Travail, Affaires parlementaires, Éducation et Médias).
    3. Pouvoir judiciaire : juges occupant des postes supérieurs : 89 juges.
    4. Poursuites publiques : procureurs et consultants au sein du Bureau du procureur général : 284 (représentant 40 % des procureurs et avocats publics au Soudan).

    Représentation Professionnelle et Institutionnelle des Femmes

    ​1. Sécurité et Diplomatie

    • Officiers dans les forces de police : 10 %
    • Sous-officiers et soldats : 15 %
    • Corps diplomatique : 7 %

    ​2. Éducation et Secteur Juridique

    • Profession juridique (Avocates) : 41 %
    • Secteur de l'éducation : 69 %
    • Étudiantes dans l'enseignement supérieur (universités et instituts) : 67 %

    ​3. Société Civile

    • Nombre de sections de l'Union Générale des Femmes Soudanaises : 27 000 sections

    ​Entités et Organisations de Femmes Soudanaises

    • ​Union Générale des Femmes Soudanaises
    • ​Club de l'Union des Femmes d'Affaires et des Professions Libérales
    • ​Secrétariat des Femmes d'Affaires
    • ​Association de Développement des Petits Projets Productifs
    • ​Secrétariat des Femmes de la Fédération des Syndicats des Travailleurs du Soudan
    • ​Association des Femmes Travailleuses

    Saadia Al-Awadiya : Une Icône de la Scène Artistique Soudanaise

    Saadia Al-Awadiya résidait à Al-Hilla Al-Jadida en 1952. Artiste polyvalente, à la fois instrumentiste et chanteuse, elle se produisait lors de grands événements accompagnée d’un orchestre complet. Elle est également la mère de Salwa, la muse qui a inspiré la célèbre chanson d’Ibrahim Awad : « Oh Salwa, qu’as-tu fait de mon cœur ? » (écrite par Bashir Abdel Aal).

    ​Entre Poésie Classique et Parodies Populaires

    ​De nombreuses chansons soudanaises, transmises de génération en génération pour leur douceur mélodique et la sincérité de leurs émotions, ont vu leurs airs repris par des paroles « parodiques ».

    ​Par exemple, la chanson « La Première Rencontre » (connue sous le nom de Aqbala Al-Layl), écrite par le poète Qurashi Mohammed Hassan et interprétée par Osman Hussain, contient ce vers célèbre :

    « Mon amour, la nuit est descendue sur nous… nous avons goûté à ses joies l’une après l’autre jusqu’à l’ivresse. »

    ​Au début des années 1950, les noctambules ont adapté cette mélodie avec de nouvelles paroles populaires : « Regardez Yolanda nous chanter avec le Rababa… avec grâce et agilité, elles nous ont captivés… Oh Rosina, Oh Rosina, offre-nous l’hospitalité. »

    ​Le Vieux Khartoum : Un Brassage Culturel

    ​L’histoire se déroule dans le Vieux Khartoum, dans une ruelle nichée entre la rue Alhurria (ancienne Newbold) et la rue Abdel Latif (ancienne Ismail Pasha). Ce quartier, situé à l’ouest de l’actuel bâtiment Othman Elias, abritait de nombreuses familles soudanaises, coptes et éthiopiennes, dont la famille de feu Al-Haj Suleiman et la famille Andom.

    ​Le patriarche de la famille Andom travaillait au bureau du Gouverneur général du Soudan. L’un de ses fils, Aman, rejoignit l’armée éthiopienne et mena plus tard un coup d’État militaire contre l’empereur Haile Selassie. Il fut finalement assassiné par son adjoint, Tafari Benti, qui fut lui-même assassiné par Mengistu Haile Mariam.

    ​Le Quotidien des Artistes

    ​Non loin de là, dans une maison louée à Al-Amin Al-Shaar, vivaient les chanteuses soudanaises Al-Radiya, Al-Tuma et Saadia Al-Awadiya. Elles partageaient leur demeure avec trois sœurs éthiopiennes d’une beauté exceptionnelle : Yolanda, Slabona et Rosina.

    ​Ces trois sœurs accompagnaient souvent Saadia Al-Awadiya lors de ses représentations. Saadia était une artiste accomplie, se produisant avec un orchestre complet lors de mariages aux côtés de géants de la musique tels qu’Abdel Hamid Youssef et Hassan Atteya.

    Faits marquants sur Saadia Al-Awadiya :

    • ​Elle fut probablement la première femme à porter un tailleur formel.
    • ​Elle a marqué les esprits en étant la première à jouer de l’Oud derrière son dos ( un signe de grande maîtrise technique et de charisme, un style de performance adopté plus tard par l’arbitre international Ahmed Qandeel).